Texte issu du mémoire de recherche, année 2015, Déplacement, la manipulation des objets exotiques dans les collections.

Rencontre avec un collectionneur : Frédéric Ballester

"Lorsque l’on parcourt la maison de Frédéric Ballester, l’insatiable curiosité du collectionneur est palpable tout autant que le désir passionnel de ramener l’objet chez soi, comme une sorte de boulimie. L’insolite côtoie le banal dans une maison littéralement envahie d’objets où il devient difficile de faire usage des placards sans avoir peur de renverser quelque chose. Les objets accumulés dont il s’entoure et dont il sature son environnement font partie intégrante de lui au point même que les objets semblent avoir contaminés son espace de vie professionnel et intime. Son bureau et sa maison sont imprégnés de son imaginaire qui serait le lieu d’un exotisme particulier, personnel. Les objets y sont ancrés dans des rituels que le collectionneur chorégraphie tous les jours à son lever lorsqu’il en pioche quelques uns pour les mettre en scène dans un espace réservé que l’on pourrait appelé laboratoire d’expériences(...)

« Une collection correspond toujours un auto portrait mais celui que l’on tentera de deviner à travers elle n’est guère bavard et ne se livrera pas aussitôt. Son silence est davantage une marque de courtoisie, une invitation à prendre place en s’effaçant au seuil de l’œuvre devant le visiteur. » Celle de Frédéric Ballester est représentative de la figure mystique du collectionneur définie par Sally Price. Il achète, accumule, mais ne peut se résoudre à vendre (ce qui le différencie des collectionneurs/spéculateurs). Il achète pour soutenir un artiste débutant, pour l’encourager dans la création. C’est un homme de partage, qui n’hésite pas à faire profiter de son expérience, à ouvrir son réseau, à provoquer des rencontres.

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